En bref
- Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est de 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures, et 1 477,93 € net.
- Les allègements de cotisations ont été refondus au 1er janvier 2026 en une réduction générale dégressive unique. Elle s'applique désormais jusqu'à 3 SMIC au lieu de 1,6, et efface jusqu'à 39,81 points de cotisations patronales dans une entreprise de moins de 50 salariés.
- Piège de calendrier : le SMIC qui sert à calculer cet allègement en 2026 n'est pas celui que vous versez, mais celui du 1er janvier, soit 1 823,03 €.
L'écart entre le salaire net que perçoit votre salarié et ce que l'embauche coûte à l'entreprise surprend tous les primo-employeurs. Cet écart s'est déformé cette année, dans les deux sens : le SMIC a été relevé deux fois, et le mécanisme d'allègement de cotisations a été entièrement reconstruit. Voici comment poser le calcul, et dans quel ordre mener les démarches.
Quel est le SMIC applicable aujourd'hui ?
Celui du 1er juin 2026, revalorisé de 2,41 %.
| Depuis le 1er juin 2026 | Au 1er janvier 2026 | |
|---|---|---|
| Taux horaire brut | 12,31 € | 12,02 € |
| Mensuel brut, 35 h | 1 867,02 € | 1 823,03 € |
| Mensuel net | 1 477,93 € | 1 443,11 € |
C'est bien le montant de juin qui doit figurer sur le bulletin de paie. Une offre d'embauche préparée sur les chiffres de janvier est en dessous du minimum légal.
Qu'est-ce qui a changé au 1er janvier 2026 ?
Trois dispositifs ont fusionné en un seul, et le changement est loin d'être cosmétique.
Jusqu'en 2025 coexistaient la réduction générale dégressive, applicable jusqu'à 1,6 SMIC, et deux taux réduits, l'un sur la cotisation maladie, l'autre sur les allocations familiales. Ces deux taux réduits sont supprimés. À leur place, une réduction générale dégressive unique, qui s'applique désormais à toutes les rémunérations inférieures à 3 SMIC.
La réduction couvre un champ large : assurance maladie, vieillesse, invalidité, allocations familiales, contribution solidarité autonomie, retraite complémentaire obligatoire, assurance chômage, et les accidents du travail dans la limite de 0,49 % de la rémunération.
Son intensité dépend de l'effectif :
| Effectif | Coefficient maximal |
|---|---|
| Moins de 50 salariés | 0,3981 |
| 50 salariés et plus | 0,4021 |
Autrement dit, au voisinage du SMIC, une TPE voit près de 40 points de cotisations patronales effacés. La réduction décroît ensuite à mesure que le salaire monte, et s'annule à 3 SMIC. Le message porté par la réforme est clair : l'allègement suit désormais les salaires jusqu'à un niveau bien plus élevé, mais il devient nul au-delà.
Le piège du SMIC de référence
Le SMIC que vous versez et le SMIC qui sert à calculer l'allègement ne sont pas le même en 2026.
La revalorisation du 1er juin s'applique immédiatement au bulletin de paie. En revanche, pour le calcul de la réduction générale dégressive unique, c'est la valeur du SMIC au 1er janvier 2026 qui est retenue pour toute l'année, soit 12,02 € de l'heure, 1 823,03 € par mois et 21 876,64 € sur l'année.
Le plafond de 3 SMIC au-delà duquel l'allègement disparaît se calcule donc sur cette base gelée, à hauteur de 5 469,09 € par mois, et non sur le SMIC de juin. Une tolérance permet de retenir la valeur de juin pour les contrats qui se sont achevés entre le 1er et le 30 juin 2026.
C'est une source d'erreur classique de paramétrage de logiciel de paie en début d'année, et elle se répercute sur douze bulletins avant d'être vue.
Combien cela représente-t-il au total ?
Le raisonnement se pose en trois niveaux, et l'ordre compte.
Le net perçu par le salarié. Le brut, qui s'en déduit par les cotisations salariales, de l'ordre de 22 % pour un non-cadre. Le coût employeur, égal au brut augmenté des cotisations patronales, de l'ordre de 42 % avant allègement, puis diminué de la réduction générale.
Au niveau du SMIC, l'allègement absorbe la quasi-totalité des cotisations patronales de sécurité sociale : il ne reste que quelques points, auxquels s'ajoutent la mutuelle collective, la prévoyance éventuelle et la médecine du travail. Le coût employeur reste donc proche du brut. À l'inverse, à 3 SMIC, la réduction est nulle et l'employeur supporte l'intégralité des cotisations.
Un chiffre unique n'aurait pas de sens ici, et il faut s'en méfier : le total dépend de votre convention collective, de votre taux d'accident du travail, propre à votre activité, de votre effectif et du niveau exact de rémunération. C'est précisément ce que le cabinet chiffre avant l'embauche plutôt qu'après.
Quelles démarches, dans quel ordre ?
Sept étapes, dont plusieurs ont des délais impératifs.
- Identifier la convention collective applicable. Elle commande le salaire minimum conventionnel, souvent supérieur au SMIC, la classification, la période d'essai et parfois une prévoyance obligatoire. C'est le point de départ, pas un détail à régler après.
- Rédiger le contrat de travail. L'écrit est obligatoire pour tout contrat autre qu'un CDI à temps plein, et vivement recommandé dans tous les cas.
- Effectuer la déclaration préalable à l'embauche, auprès de l'Urssaf, dans les huit jours qui précèdent la prise de poste. Elle fait beaucoup plus qu'annoncer l'arrivée du salarié : elle vaut immatriculation de l'employeur lors d'une première embauche, demande d'affiliation à l'assurance chômage, adhésion au service de santé au travail et demande de la visite d'information et de prévention.
- Adhérer à une caisse de retraite complémentaire et souscrire la mutuelle collective, obligatoire depuis 2016 avec une participation employeur d'au moins la moitié.
- Organiser la visite d'information et de prévention auprès du service de prévention et de santé au travail, dans les trois mois suivant la prise de poste.
- Tenir le registre unique du personnel dès le premier salarié, et procéder aux affichages obligatoires.
- Établir la paie et transmettre la déclaration sociale nominative, chaque mois, à date fixe.
Ce qu'il faut anticiper côté trésorerie
Une première embauche déplace le point mort de l'entreprise, et le décalage de trésorerie se joue sur les premiers mois.
Le salaire se verse à la fin du mois travaillé, les cotisations se paient le mois suivant, mensuellement ou trimestriellement selon l'effectif. Un employeur qui n'a provisionné que le salaire découvre l'échéance de cotisations avec un mois de retard sur sa réflexion.
Deux réflexes suffisent : raisonner en coût employeur dès la construction de l'offre, et non en brut, et vérifier que le chiffre d'affaires supplémentaire attendu couvre ce coût sur un horizon réaliste, pas sur le meilleur mois de l'année. La question rejoint celle du pilotage de la trésorerie.
Si le poste peut être pourvu en alternance, le calcul est différent et souvent plus favorable : il est détaillé dans l'article sur l'embauche d'un apprenti.
Le cabinet prend en charge la paie, les déclarations sociales et le suivi des échéances, et chiffre le coût réel d'un poste avant que l'offre ne soit publiée. Le détail des missions figure sur la page expertise comptable, et les questions propres au dirigeant sur la page dirigeant.
Sources
- Le Smic augmente au 1er juin 2026, Service-Public
- Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance, Légifrance
- Réduction générale dégressive unique des cotisations patronales, Service-Public Entreprendre
- RGDU : quel montant de Smic brut retenir pour 2026 ? Service-Public Entreprendre
- Démarches et formalités d'embauche d'un salarié, Service-Public Entreprendre
- Déclaration préalable à l'embauche (DPAE), Service-Public Entreprendre
Vous préparez votre première embauche ? Prenons rendez-vous : le coût employeur se chiffre sur votre convention collective et votre taux d'accident du travail, avant que l'offre ne parte.


