En bref
- Le titre de psychologue est protégé par la loi du 25 juillet 1985 : il suppose un diplôme conforme et un enregistrement auprès de l'agence régionale de santé.
- Les consultations sont exonérées de TVA au titre de l'article 261-4-1° du CGI, pour les praticiens autorisés à faire usage du titre. L'exonération interdit en retour toute récupération de TVA sur les achats.
- L'activité relève des bénéfices non commerciaux, avec le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée.
- La retraite relève de la Cipav : 23,2 % de cotisations en micro-entreprise, contre 25,6 % pour les libéraux du régime général.
- Le cumul entre un poste salarié et une activité libérale est possible et fréquent : les deux revenus se déclarent séparément et cotisent chacun de leur côté.
L'installation en libéral se fait rarement d'un coup dans cette profession. Elle commence le plus souvent par quelques heures de cabinet à côté d'un poste en institution, puis prend de l'ampleur. Cette progression par étapes est saine, mais elle brouille les repères administratifs : on démarre en micro-entreprise « pour tester », et on y reste plusieurs années sans avoir refait le calcul.
Voici le cadre, et les deux ou trois moments où il faut s'arrêter pour arbitrer.
Quelles sont les conditions pour exercer ?
L'usage professionnel du titre de psychologue est réservé aux titulaires des diplômes énumérés par la loi du 25 juillet 1985, principalement une licence et un master de psychologie comprenant un stage professionnel.
L'exercice suppose l'enregistrement du diplôme auprès de l'agence régionale de santé du lieu d'exercice. Cet enregistrement, historiquement au répertoire ADELI, s'effectue désormais au répertoire partagé des professionnels de santé. Il donne un numéro d'identification, demandé par les organismes complémentaires et par l'assurance maladie en cas de conventionnement.
Le titre de psychothérapeute obéit à des conditions distinctes et à une inscription sur un registre national spécifique. Les deux titres ne se confondent pas, et détenir le premier ne donne pas automatiquement le second.
Faut-il facturer la TVA ?
Non. Les soins dispensés par les psychologues autorisés à faire usage du titre entrent dans l'exonération de l'article 261-4-1° du code général des impôts, comme le confirme la doctrine administrative. Il en va de même des psychothérapeutes régulièrement inscrits au registre national, l'exonération courant à compter de la confirmation de cette inscription.
Deux conséquences en découlent.
L'exonération ne dispense d'aucune autre obligation : impôt sur le revenu, cotisations sociales et cotisation foncière des entreprises restent dus.
Elle empêche toute récupération de TVA sur les achats. L'aménagement du cabinet, le mobilier, les honoraires de supervision facturés avec TVA, les abonnements logiciels et les frais de formation vous coûtent leur prix toutes taxes comprises. C'est un élément à intégrer au budget d'installation, pas une découverte à faire à la première facture d'aménagement.
Une réserve utile : les prestations qui ne sont pas des soins aux personnes ne suivent pas ce régime. Une intervention de conseil auprès d'une entreprise, une formation, une supervision facturée à un confrère, une expertise relèvent de la TVA de droit commun, avec la franchise en base comme seul écran tant que ces recettes annexes restent sous 37 500 €.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée ?
Le choix se tranche sur le rapport entre les charges réelles et l'abattement forfaitaire de 34 %.
Le micro-BNC est ouvert jusqu'à 83 600 € de recettes pour la période 2026-2028, avec un abattement de 34 % et un minimum de 305 €. La déclaration contrôlée déduit les charges pour leur montant réel et suppose une comptabilité de trésorerie.
Pour une activité exercée quelques heures par semaine, dans un cabinet partagé loué à la journée, le micro reste presque toujours plus avantageux. Le calcul s'inverse lorsque s'ajoutent un loyer à l'année, une supervision régulière, une formation continue exigeante et des frais de déplacement. La méthode complète figure dans l'article sur le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée.
Comment se passe le cumul avec un poste salarié ?
Les deux activités coexistent sans se gêner, mais elles ne se mélangent jamais.
Le salaire reste soumis aux cotisations du régime général par l'employeur et se déclare en traitements et salaires. Les honoraires du cabinet relèvent des bénéfices non commerciaux et cotisent auprès de la caisse des libéraux, indépendamment du salaire perçu par ailleurs. Il n'y a pas de compensation entre les deux, et le fait de cotiser déjà comme salarié ne réduit pas les cotisations dues sur l'activité libérale.
Trois points de vigilance dans cette configuration :
- L'obligation de loyauté envers l'employeur, et le cas échéant les clauses du contrat de travail, encadrent l'exercice parallèle. Dans la fonction publique hospitalière, le cumul obéit à une procédure d'autorisation propre.
- Le plafond du micro s'apprécie sur les seules recettes libérales, pas sur le total avec le salaire.
- Les remboursements de frais versés par l'employeur ne se déduisent évidemment pas une seconde fois dans les charges du cabinet.
Le passage progressif du salariat vers le libéral se prépare aussi côté trésorerie, parce que les cotisations de la première année sont calculées sur une base forfaitaire, puis régularisées l'année suivante sur les revenus réels. Cette régularisation tombe au moment où l'activité monte en charge, et elle surprend systématiquement.
Quelles dépenses sont réellement déductibles ?
En déclaration contrôlée, les postes récurrents d'un cabinet de psychologue sont les suivants :
| Poste | Traitement |
|---|---|
| Loyer du cabinet, location à la journée | Déductible sur facture |
| Supervision, analyse de la pratique | Déductible, en lien direct avec l'exercice |
| Formation continue, colloques | Déductible |
| Tests, matériel d'évaluation, ouvrages professionnels | Déductible, immobilisation si valeur unitaire élevée |
| Assurance de responsabilité civile professionnelle | Déductible |
| Cotisations professionnelles | Déductibles |
| Frais de déplacement entre lieux d'exercice | Barème kilométrique ou frais réels |
| Abonnement de prise de rendez-vous et téléconsultation | Déductible, TVA non récupérable |
Le cabinet installé au domicile ne se déduit qu'à hauteur de la surface effectivement affectée à l'activité, sur une base explicable. Le régime général de ces postes est développé dans l'article sur les charges déductibles d'un indépendant.
Quels outils pour tenir tout cela ?
Un agenda en ligne, un moyen d'encaissement et un suivi des recettes suffisent à couvrir le besoin réel.
Les plateformes de prise de rendez-vous apportent la réservation, les rappels et, pour certaines, la téléconsultation. Elles facturent un abonnement dont la TVA n'est pas récupérable dans votre situation, ce qui en renchérit le coût réel de 20 %. C'est un critère de choix à part entière quand deux offres se valent par ailleurs.
Pour la comptabilité, un logiciel destiné aux professions libérales couvre le livre des recettes et la déclaration 2035 tant que l'activité reste simple. Ses limites sont exposées dans l'article consacré à ce que ces logiciels ne font pas.
Le cabinet chiffre le choix de régime, traite le cumul salarié et libéral et prend en charge les déclarations annuelles. Les modalités figurent sur la page consacrée aux professionnels de la santé et sur la page expertise comptable.
Sources
- Loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, article 44, usage du titre de psychologue, Légifrance
- BOFiP, professions médicales et paramédicales exonérées de TVA (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10)
- Article L. 640-1 du code de la sécurité sociale, professions affiliées à la Cipav, Légifrance
- Micro-entreprise : seuils de chiffre d'affaires, Service-Public Entreprendre
- Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : taux 2026, Service-Public Entreprendre
- Cumul d'une activité salariée et d'une activité indépendante, Service-Public Entreprendre
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