Simulateur rupture conventionnelle : calculez le coût réel 2026

Le salaire, l'ancienneté, le montant envisagé, et vous savez ce que la rupture coûte à l'entreprise et ce qu'il reste au salarié. Gratuit, sans inscription.

Renseignez le salaire brut mensuel pour obtenir votre estimation.

Ce simulateur donne un ordre de grandeur, à barèmes 2026, vérifiés le 22 septembre 2026. Il ne remplace pas un calcul sur votre situation réelle, que je fais avec vous sur rendez-vous.

En résumé

  • L'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : un quart de mois par année jusqu'à dix ans, puis un tiers de mois au-delà.
  • La contribution patronale est passée de 30 à 40 % le 31 décembre 2025. Elle porte sur la part exclue de l'assiette des cotisations.
  • L'exonération d'impôt sur le revenu tombe entièrement si le salarié peut liquider sa retraite. C'est le piège le plus coûteux du dispositif.
  • Deux plafonds encadrent le social : exclusion d'assiette limitée à 96 120 €, et assujettissement total au-delà de 480 600 €.

1.La rupture conventionnelle : règles et chiffres 2026

La rupture conventionnelle met fin à un contrat à durée indéterminée d'un commun accord. Elle n'est ni un licenciement ni une démission, et elle ouvre droit à l'assurance chômage.

Quatre règles en fixent le cadre.

  • Un montant plancher. L'indemnité spécifique ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement.
  • Une ancienneté de référence. 8 mois ininterrompus chez le même employeur ouvrent droit à cette indemnité légale.
  • Un délai de rétractation. 15 jours calendaires après la signature, pour chacune des deux parties, sans justification.
  • Une homologation. La validité de la convention y est subordonnée, et la rupture ne peut pas intervenir avant le lendemain de cette homologation.

Bon à savoir

Le consentement doit être libre des deux côtés. Une rupture conventionnelle signée sous pression peut être annulée par le conseil de prud'hommes, avec les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. C'est le premier motif de contentieux sur ce dispositif.

2.Comment calculer l'indemnité de rupture conventionnelle ?

Deux éléments suffisent, et le second se calcule de deux façons.

Le salaire de référence

La loi retient la formule la plus avantageuse pour le salarié entre la moyenne mensuelle des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois. Dans ce second calcul, une prime annuelle n'est comptée qu'à hauteur de sa part correspondant à trois mois.

La seconde formule l'emporte quand le salaire a augmenté récemment, ou quand une prime importante est tombée sur le dernier trimestre. Le simulateur applique automatiquement celle qui donne le montant le plus élevé.

Le barème d'ancienneté

Un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à dix ans, un tiers de mois par année à partir de dix ans. Les mois accomplis au-delà des années pleines comptent, au prorata du nombre de mois complets.

Exemples chiffrés

Trois cas, calculés par le moteur du simulateur.

Exemple 1 : vendeuse en commerce, 2 200 € brut, 6 ans d'ancienneté

Salaire de référence : 2 200 €, par la moyenne 12 mois.

Indemnité légale : 2 200 × 1/4 × 6 = 3 300 €.

Entièrement exonérée d'impôt et exclue des cotisations. Coût pour l'employeur : 4 620 €, dont 1 320 € de contribution patronale.

Exemple 2 : technicien, 3 500 € brut, 8 ans, indemnité négociée à 30 000 €

Indemnité légale : 7 000 €. Les parties conviennent de 30 000 €, ce que la loi autorise.

Exonération d'impôt : le plafond de deux fois la rémunération de l'année précédente atteint 84 000 €, donc la totalité échappe à l'impôt sur le revenu.

Contribution patronale : 30 000 × 40 % = 12 000 €. Coût total : 42 000 €.

Exemple 3 : cadre, 5 000 € brut, 15 ans d'ancienneté

Indemnité légale : 12 500 € pour les dix premières années, plus 8 333 € pour les cinq suivantes, soit 20 833 €.

Coût pour l'employeur : 29 167 €. Si ce même salarié pouvait liquider sa retraite, l'indemnité deviendrait imposable en totalité, soit 20 833 € ajoutés à son revenu.

Attention

Votre convention collective peut imposer une indemnité supérieure au minimum légal. C'est fréquent dans la métallurgie, la banque ou la pharmacie. Le simulateur ne connaît aucune grille de branche : vérifiez la vôtre avant d'annoncer un montant.

3.Ce que la rupture coûte réellement à l'employeur

C'est le point que la plupart des calculateurs en ligne ratent, parce que la règle a changé récemment.

Depuis le 31 décembre 2025, une contribution de 40 % est due par l'employeur au profit de la caisse nationale d'assurance vieillesse. Elle porte sur la fraction de l'indemnité exclue de l'assiette des cotisations. Le taux était de 30 % auparavant, et de 20 % sous le régime du forfait social avant septembre 2023.

Concrètement, une rupture conventionnelle coûte à l'entreprise bien plus que le chèque remis au salarié. Sur l'exemple du technicien, 30 000 € négociés deviennent 42 000 € décaissés.

Cette contribution s'arrête là où l'exclusion d'assiette s'arrête. Au-delà de 96 120 €, la part excédentaire supporte les cotisations sociales ordinaires à la place. Et au-delà de 480 600 €, plus aucune exclusion ne joue : tout est assujetti, et la contribution de 40 % ne s'applique plus.

Exemple 4 : indemnité de 150 000 € pour un cadre de 22 ans d'ancienneté

Exclue de l'assiette des cotisations : 96 120 €, soit le plafond de deux fois le plafond annuel de la sécurité sociale.

Contribution patronale : 38 448 €. Le solde de 53 880 € supporte les cotisations comme un salaire, ce que ce simulateur ne chiffre pas.

4.Grilles 2026 : indemnité et coût total

L'indemnité légale minimale, selon le salaire de référence et l'ancienneté.

Salaire de référence3 ans5 ans10 ans15 ans20 ans
2 000 €1 500 €2 500 €5 000 €8 333 €11 667 €
3 000 €2 250 €3 750 €7 500 €12 500 €17 500 €
4 500 €3 375 €5 625 €11 250 €18 750 €26 250 €

Minimum légal, hors indemnité conventionnelle de branche. Calculé par le moteur du simulateur.

Et le coût total pour l'employeur, selon le montant versé, pour un salarié qui ne peut pas liquider sa retraite et dont l'indemnité reste entièrement exonérée.

Montant verséExclu des cotisationsContribution 40 %Coût total
10 000 €10 000 €4 000 €14 000 €
30 000 €30 000 €12 000 €42 000 €
96 120 €96 120 €38 448 €134 568 €
150 000 €96 120 €38 448 €188 448 €

La troisième ligne correspond au plafond de deux fois le plafond annuel de la sécurité sociale, au-delà duquel l'exclusion d'assiette cesse de croître.

La lecture est nette. Tant que l'indemnité reste sous le plafond, chaque euro négocié en plus coûte 1,40 € à l'entreprise. Au-delà, la contribution plafonne mais les cotisations ordinaires prennent le relais.

5.Calculer avec le simulateur

Les entrées, dans l'ordre où elles se présentent.

  • Le salaire brut mensuel moyen sur douze mois. C'est la première des deux formules légales.
  • La moyenne des trois derniers mois, à renseigner seulement si elle diffère, par exemple après une augmentation ou une prime.
  • L'ancienneté, en années révolues et mois complets en plus.
  • Le montant négocié, s'il dépasse le minimum légal.
  • Le brut annuel de l'année civile précédente, qui sert au calcul de l'exonération d'impôt. À défaut, douze fois le salaire mensuel.
  • La case retraite, déterminante : elle supprime toute exonération d'impôt sur le revenu.

Lire votre résultat

  • Le coût employeur est le chiffre à porter au prévisionnel. Il additionne l'indemnité et la contribution de 40 %.
  • L'indemnité minimale légale est le plancher de la négociation, sous réserve de votre convention collective.
  • La part imposable intéresse le salarié. Elle est nulle dans la plupart des ruptures ordinaires, et totale s'il peut partir en retraite.
  • Les alertes signalent l'ancienneté insuffisante, le dépassement des plafonds et le cas de la retraite.

6.Procédure, délais et points de vigilance

La procédure est courte, et chaque étape a sa date.

  • Un ou plusieurs entretiens. Ils portent sur le principe de la rupture, le montant et la date de fin de contrat.
  • La signature de la convention, qui fixe le montant de l'indemnité et la date de rupture.
  • 15 jours calendaires de rétractation pour chaque partie, par lettre adressée par tout moyen attestant de sa date de réception.
  • La demande d'homologation, adressée à l'administration par la partie la plus diligente, avec un exemplaire de la convention.
  • Quinze jours ouvrables d'instruction. Le silence de l'administration vaut homologation.
  • La rupture du contrat, au plus tôt le lendemain de l'homologation.

Attention

Comptez environ un mois et demi entre la signature et la sortie effective. Ce délai se prépare côté trésorerie, puisque le salarié reste payé pendant toute cette période, et côté organisation, pour la reprise de son poste.

Un litige sur la convention, son homologation ou son refus relève du conseil de prud'hommes. Le recours doit être formé dans les douze mois suivant l'homologation, faute de quoi il est irrecevable.

7.Quand la rupture conventionnelle n'est pas le bon outil

La rupture conventionnelle règle beaucoup de situations, mais pas toutes, et son coût la rend parfois inadaptée.

  • Elle ne vise que le contrat à durée indéterminée. Un contrat à durée déterminée se rompt par accord des parties, selon d'autres règles.
  • Elle ne remplace pas une procédure disciplinaire. Une faute grave s'apprécie et se sanctionne, elle ne se négocie pas.
  • Elle ne contourne pas un licenciement économique. Des ruptures conventionnelles en série, sur un même motif, s'analysent comme un contournement.
  • Elle coûte cher sur les hautes indemnités. Au-delà des plafonds, la facture sociale grimpe vite, et l'arbitrage mérite un calcul avant la première discussion.

Le volet chômage, qui décide souvent le salarié, est traité dans l'article sur la rupture conventionnelle et le chômage. Le coût d'une embauche qui remplacerait ce poste se chiffre avec le simulateur du coût d'un salarié.

Une rupture conventionnelle se décide sur trois chiffres : le plancher légal, le montant négocié, et le coût réel pour l'entreprise une fois la contribution ajoutée. Le simulateur vous donne les trois.

Ce qu'il ne connaît pas, c'est votre convention collective et le contexte de la séparation. Je regarde les deux avec vous avant que le premier entretien ait lieu, parce qu'une fois le montant annoncé il est difficile de revenir dessus.

8.Questions fréquentes

Quel est le montant minimum d'une rupture conventionnelle ?+

Celui de l'indemnité légale de licenciement, que la convention de rupture ne peut pas descendre en dessous. Elle vaut un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, puis un tiers de mois par année au-delà, les mois complets de l'année en cours comptant au prorata. Le salaire de référence est la formule la plus avantageuse entre la moyenne des douze derniers mois et le tiers des trois derniers. Votre convention collective peut imposer un plancher supérieur.

Combien coûte une rupture conventionnelle à l'employeur en 2026 ?+

L'indemnité versée, plus une contribution patronale de 40 % assise sur la part exclue de l'assiette des cotisations. Ce taux est passé de 30 % à 40 % par la loi du 30 décembre 2025, d'application immédiate. Une indemnité de 30 000 € entièrement exonérée coûte donc 42 000 € à l'entreprise. Beaucoup de calculateurs en ligne affichent encore l'ancien taux.

Faut-il une ancienneté minimale ?+

Huit mois ininterrompus au service du même employeur ouvrent droit à l'indemnité légale. En dessous, la rupture conventionnelle reste possible, mais aucun montant plancher ne s'impose et l'indemnité se négocie librement. C'est un point à connaître avant d'entrer en discussion, des deux côtés de la table.

L'indemnité est-elle imposable pour le salarié ?+

Elle est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé de deux montants : deux fois la rémunération annuelle brute de l'année civile précédente, ou la moitié de l'indemnité si ce montant est supérieur, le tout plafonné à six fois le plafond annuel de la sécurité sociale, ou bien le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. Une exception change tout : si le salarié peut liquider sa retraite, l'indemnité est imposable dès le premier euro.

À partir de quel montant les cotisations sociales s'appliquent-elles ?+

L'indemnité est exclue de l'assiette des cotisations dans la limite de deux fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026, et seulement pour sa fraction non imposable. Au-delà, la part excédentaire supporte les cotisations comme un salaire. Et si l'indemnité dépasse dix fois ce plafond, soit 480 600 €, elle est soumise aux cotisations sur la totalité de son montant.

Quels sont les délais à respecter ?+

Après la signature de la convention, chaque partie dispose de quinze jours calendaires pour se rétracter, sans avoir à se justifier. La demande d'homologation part ensuite à l'administration, qui dispose de quinze jours ouvrables pour l'instruire. Son silence vaut homologation. La rupture du contrat ne peut pas intervenir avant le lendemain de l'homologation.

Le salarié touche-t-il le chômage après une rupture conventionnelle ?+

Oui, contrairement à la démission. C'est la raison pour laquelle ce mode de rupture est si demandé par les salariés. Le montant et la durée dépendent des règles d'indemnisation en vigueur à la date de fin de contrat, qui ont changé en septembre 2026.

Peut-on revenir sur une rupture conventionnelle signée ?+

Pendant les quinze jours calendaires de rétractation, oui, par une lettre adressée par tout moyen qui atteste de sa date de réception. Passé ce délai et une fois l'homologation acquise, la convention s'impose aux deux parties. Un litige relève alors du conseil de prud'hommes, et le recours doit être formé dans les douze mois suivant l'homologation.

Une rupture conventionnelle en vue ?

Trente minutes pour chiffrer le coût réel, vérifier votre convention collective et caler le calendrier. Avant le premier entretien, pas après.