En bref
- La Cipav ne couvre plus qu'une liste limitative de professions libérales réglementées, fixée par l'article L. 640-1 du code de la sécurité sociale. Une activité libérale qui n'y figure pas relève du régime général des indépendants.
- En micro-entreprise, le taux global de cotisations est de 23,2 % du chiffre d'affaires pour un affilié Cipav, contre 25,6 % pour un libéral du régime général depuis le 1er janvier 2026.
- Hors micro, les cotisations ne sont pas proportionnelles au revenu : la retraite complémentaire et la prévoyance se paient par classes, ce qui pèse lourd sur les faibles revenus et allège les hauts.
Beaucoup de praticiens découvrent la Cipav en recevant leur premier appel de cotisations, sans savoir pourquoi ils y sont rattachés plutôt qu'ailleurs. La question n'est pas administrative : le taux, le mode de calcul et les droits acquis diffèrent nettement du régime général, et le choix ne vous appartient pas.
Quelles professions relèvent de la Cipav ?
Une liste limitative, et elle seule. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2019, on ne relève de la Cipav que si sa profession y figure nommément. Parmi celles que le cabinet suit le plus souvent :
- santé et bien-être réglementés : ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs ;
- cadre de vie et construction : architectes, architectes d'intérieur, économistes de la construction, maîtres d'œuvre, géomètres-experts, ingénieurs conseils ;
- autres professions réglementées : guides-conférenciers, moniteurs de ski, experts automobiles, experts devant les tribunaux, mandataires judiciaires à la protection des majeurs.
La liste complète figure dans le texte cité en sources. Le point à retenir est le raisonnement inverse : si votre activité n'y est pas, vous n'êtes pas à la Cipav, quelle que soit la proximité apparente avec une profession qui y figure. Une naturopathe et une ostéopathe exercent dans le même immeuble et ne cotisent pas à la même caisse, parce que l'ostéopathie est une profession dont le titre est protégé et la naturopathie non.
Les avocats n'y sont pas non plus : ils relèvent de leur propre caisse, la CNBF.
Pourquoi tant de libéraux n'y sont-ils plus ?
Parce que la réforme de 2018 a fermé la porte. Auparavant, la Cipav accueillait par défaut la plupart des professions libérales non réglementées, ce qui en faisait une caisse hétérogène de plusieurs centaines de métiers.
Depuis, toute activité libérale non réglementée qui démarre relève du régime général des indépendants. Les professionnels déjà affiliés avant la réforme ont bénéficié d'un droit d'option pour basculer, ouvert par un décret de décembre 2019 et refermé depuis.
Conséquence pratique : un consultant, un coach, un naturopathe ou un formateur qui s'installe aujourd'hui n'a pas le choix, il est au régime général. Les articles ou les forums qui décrivent la Cipav comme la caisse des professions libérales en général datent d'avant 2019.
Combien cotise-t-on à la Cipav ?
Cela dépend entièrement de votre régime, et l'écart est considérable.
En micro-entreprise, c'est simple : un taux unique de 23,2 % du chiffre d'affaires encaissé, prélèvement libératoire de l'impôt non compris. Rien à calculer, rien à provisionner au-delà de ce pourcentage, et aucune cotisation si vous n'encaissez rien.
Ce taux est plus favorable que celui du régime général, passé à 25,6 % au 1er janvier 2026 en contrepartie de droits à retraite complémentaire renforcés. Sur 50 000 € de recettes, l'écart représente 1 200 € par an.
Hors micro-entreprise, la logique change du tout au tout. Les cotisations se décomposent en :
- une retraite de base proportionnelle au revenu, calculée sur deux tranches délimitées par le plafond de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € pour 2026 ;
- une retraite complémentaire qui n'est pas un pourcentage mais un montant forfaitaire par classe de revenu ;
- une invalidité-décès également par classes, avec un niveau de garantie qui suit la classe choisie ;
- la CSG-CRDS, les allocations familiales et la contribution à la formation professionnelle.
Le barème des classes est révisé chaque année, il est publié par la caisse et lié en sources. Retenez la mécanique plutôt que les montants : une part importante de vos cotisations ne baisse pas quand votre revenu baisse. C'est la différence structurelle avec le régime général, où presque tout est proportionnel.
Ce que cela change quand l'activité démarre mal
C'est le point qui coûte le plus cher aux praticiens que le cabinet reçoit. Une première année à 18 000 € de bénéfice supporte des cotisations forfaitaires qui ont été calculées sans lien avec ce résultat, et la régularisation de deuxième année tombe au moment où la trésorerie est la plus tendue.
Deux réflexes évitent l'essentiel du problème : demander l'ajustement de vos cotisations dès que vous constatez un écart avec l'estimation, sans attendre la régularisation, et provisionner chaque mois sur un compte séparé plutôt que de découvrir l'appel annuel. Le sujet est traité en détail dans l'article sur la régularisation des cotisations de deuxième année.
Cipav ou régime général : peut-on choisir ?
Non. L'affiliation découle de la profession exercée, pas d'une option. La seule question qui se pose réellement est celle du régime fiscal et social de votre activité, c'est-à-dire micro-entreprise ou déclaration contrôlée, et celle du moment où passer en société.
Ce sont ces arbitrages qui sont chiffrables et qui font une différence mesurable sur votre revenu net. Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée et le passage en société sont traités chacun dans un article dédié.
Pour les professions que le cabinet accompagne le plus souvent, l'installation est détaillée métier par métier : ostéopathe, psychologue et naturopathe, cette dernière relevant du régime général et non de la Cipav.
Sources
- Article L. 640-1 du code de la sécurité sociale, professions affiliées à la Cipav, Légifrance
- Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : taux 2026, Service-Public Entreprendre
- Décret n° 2019-1358 du 13 décembre 2019 relatif au droit d'option des professionnels libéraux, Légifrance
- Plafond annuel de la sécurité sociale 2026, Service-Public Entreprendre
- Barème des cotisations, La Cipav
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