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23 août 2026 · mis à jour le 26 septembre 2026 · 7 min de lecture

Créer son entreprise au chômage : ARE, ARCE ou Acre, que choisir en 2026 ?

ARE et ARCEAcre

En bref

  • Trois dispositifs à ne pas confondre : l'ARE est votre allocation chômage, l'ARCE la transforme en capital, l'Acre est une exonération de cotisations. Les deux premiers s'excluent, le troisième se cumule avec l'un ou l'autre.
  • L'Acre a été réduite deux fois en 2026 : à 25 % d'exonération depuis le 1er janvier pour les créateurs au régime réel, et depuis le 1er juillet pour les micro-entrepreneurs, dont le taux d'abattement est passé de 50 % à 25 %.
  • L'ARCE verse 60 % des droits restants, en deux fois, sous déduction de 3 % au titre de la retraite complémentaire. Le choix entre ARE et ARCE ne se refait pas.

Créer son activité en étant indemnisé est l'un des meilleurs moments pour le faire : le revenu de remplacement absorbe la période où l'activité ne paie pas encore. Encore faut-il comprendre trois dispositifs qui portent des noms proches, ne répondent pas à la même logique, et dont deux ont été sérieusement rabotés cette année.

Quels dispositifs existent, et à quoi servent-ils ?

Trois, et il faut les séparer nettement.

L'ARE est votre allocation d'aide au retour à l'emploi, celle que vous percevez déjà. Créer une entreprise ne l'interrompt pas automatiquement : elle continue d'être versée mensuellement, recalculée en fonction des revenus que vous déclarez au titre de la nouvelle activité. Depuis le 1er avril 2025, ce cumul est plafonné à 60 % du capital de droits restant à la date de création.

L'ARCE est une autre manière d'utiliser ces mêmes droits : au lieu d'une allocation mensuelle, France Travail vous en verse une partie sous forme de capital.

L'Acre n'a rien à voir avec le chômage. C'est une exonération partielle de cotisations sociales accordée au créateur pendant sa première période d'activité, quel que soit son statut d'origine. Elle se cumule avec l'ARE maintenue comme avec l'ARCE.

ARE maintenue ou ARCE : comment trancher ?

C'est l'arbitrage principal, et il est définitif.

L'ARCE représente 60 % des droits qu'il vous reste, diminués de 3 % au titre du financement des retraites complémentaires. Elle est versée en deux fois : la moitié à la création, l'autre moitié six mois plus tard, à condition que l'activité soit toujours exercée et que vous ne soyez pas en CDI à temps plein. Les 40 % de droits non convertis ne sont pas perdus : ils restent mobilisables si l'activité cesse définitivement.

Le maintien de l'ARE verse chaque mois une allocation recalculée selon les revenus déclarés. Les mois où vous ne gagnez rien, vous percevez l'intégralité. Les droits non consommés sont reportés.

La bonne question n'est pas « lequel rapporte le plus » mais « de quoi mon projet a-t-il besoin ».

L'ARCE se justifie quand le lancement demande un investissement immédiat : matériel, stock, local, dépôt de garantie, trésorerie de départ. Vous disposez d'un capital au moment précis où l'activité en a besoin.

Le maintien de l'ARE se justifie quand l'activité démarre lentement et sans investissement, une activité de conseil ou de prestation par exemple. Vous conservez un filet mensuel pendant toute la montée en charge, et vous n'amputez pas vos droits de 40 %.

Un point souvent négligé pèse dans la balance : l'ARCE est un revenu imposable perçu en une année, ce qui peut faire monter votre tranche marginale l'année de la création.

L'Acre en 2026 : ce que c'est, et pourquoi elle rapporte moins

Parce qu'elle a été réduite deux fois en 2026, et la plupart des contenus en ligne annoncent encore les anciens taux.

L'exonération porte sur les cotisations d'assurance maladie, maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales. Ce qu'elle représente dépend de votre régime.

Pour un créateur au régime réel, entrepreneur individuel, gérant ou président de société, le régime en vigueur depuis le 1er janvier 2026 est le suivant :

Revenu de la première année Exonération
Jusqu'à 36 045 € (75 % du plafond annuel de la sécurité sociale) 25 %
De 36 045 € à 48 060 € Dégressive
Au-delà de 48 060 € Aucune

L'exonération dure douze mois à compter du début d'activité.

Pour un micro-entrepreneur, le mécanisme est différent : le taux de cotisations est simplement minoré. Depuis le 1er juillet 2026, il est ramené à 75 % du taux normal, soit une réduction de 25 %, alors qu'il était réduit de moitié auparavant. En appliquant cette minoration aux taux 2026 :

Activité Taux normal Taux avec Acre
Vente de marchandises 12,3 % 9,2 %
Prestations de services BIC 21,2 % 15,9 %
Libéral au régime général 25,6 % 19,2 %
Libéral relevant de la Cipav 23,2 % 17,4 %

Le bénéfice court jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité, et non douze mois pleins.

Concrètement, une création aujourd'hui rapporte deux fois moins d'Acre qu'une création au premier semestre. Cela ne change pas l'opportunité de créer, mais cela change le plan de trésorerie de la première année, et c'est ce chiffre-là qu'il faut mettre dans le prévisionnel.

Quelles conditions et quels délais ?

Deux points bloquent le plus souvent.

La demande d'Acre doit être déposée au plus tard le 60e jour suivant l'ouverture de l'activité. Passé ce délai, elle est perdue pour l'année. C'est une formalité, mais elle est datée.

Et il ne faut pas avoir bénéficié de l'Acre dans les trois années précédentes. Une première tentative entrepreneuriale récente ferme donc la porte, ce que beaucoup de repreneurs découvrent au moment de la demande.

Pour l'ARCE, il faut être bénéficiaire de l'ARE et créer ou reprendre effectivement l'entreprise. Les démarches engagées pendant le préavis, un congé de reclassement ou un congé de mobilité sont admises dès lors que la création intervient après la fin du contrat de travail.

Et la réforme d'assurance chômage du 1er septembre 2026 ?

Elle change la matière première de tout ce calcul : la durée de vos droits.

Puisque l'ARCE représente un pourcentage des droits restants, une durée d'indemnisation plus courte produit mécaniquement un capital plus faible. Le calcul de l'arbitrage entre ARE et ARCE se refait donc entièrement selon que votre fin de contrat se situe avant ou après cette date. Les nouvelles durées et le critère retenu sont détaillés dans l'article consacré à la rupture conventionnelle et au chômage au 1er septembre 2026.

Dans quel ordre s'y prendre ?

Cinq étapes, et la première n'est pas administrative.

  1. Chiffrer le prévisionnel avant de choisir, avec les vrais taux d'Acre applicables à votre date de création. C'est ce chiffrage qui désigne l'ARE ou l'ARCE, pas l'inverse.
  2. Choisir la forme et le régime, micro-entreprise ou société, une décision qui commande le montant des cotisations et donc l'intérêt relatif de l'Acre. Le sujet est traité dans l'article sur le passage de la micro à la société et dans celui sur le choix entre IR et IS.
  3. Immatriculer l'entreprise, ce qui fait courir le délai de 60 jours de l'Acre.
  4. Déposer la demande d'Acre, et signifier votre choix entre ARE et ARCE auprès de France Travail.
  5. Déclarer chaque mois vos revenus si vous restez à l'ARE maintenue, sous peine de suspension.

Le cabinet chiffre l'arbitrage sur vos droits réels et vos hypothèses de recettes, puis prend en charge la création et les premières échéances. Le détail des missions figure sur la page expertise comptable, et les repères de coût dans l'article sur le recours à un expert-comptable.

Questions fréquentes

L'Acre, c'est quoi ?

Une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première période d'activité. Elle n'a rien à voir avec le chômage : tout créateur peut la demander.

Acre ou ARCE : faut-il choisir ?

Non. L'Acre se cumule avec l'ARCE comme avec l'ARE maintenue. Le seul choix à faire est entre ARE et ARCE, et il est définitif.

Combien de temps dure l'Acre ?

Douze mois au régime réel. En micro-entreprise, jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité.

L'ARCE se calcule-t-elle en brut ou en net ?

Elle représente 60 % des droits restants, moins 3 % au titre de la retraite complémentaire. Elle est imposable l'année où vous la percevez.

Sources


Vous préparez une création avec vos droits au chômage ? Prenons rendez-vous : l'arbitrage entre allocation et capital se calcule sur vos droits réels, et il ne se refait pas ensuite.

Martin Lecocq, Business Solutions & Conseils